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Une résidence artistique pour explorer l’upcycling et de la transformation des vêtements

En 2021, j’ai développé un projet artistique participatif dans le cadre du programme Transat porté par Les Ateliers Médicis, une institution culturelle nationale basée à Clichy-sous-Bois qui soutient la création contemporaine et les projets artistiques dans différents territoires. Cette résidence s’est déroulée à Mâcon et a donné naissance au projet Magikadou, une série d’ateliers autour du vêtement, de la transformation et de l’imaginaire.

Le nom du projet vient d’un souvenir d’enfance : dans les contes, une bonne fée transforme des guenilles en robe de bal. Avec Magikadou, la baguette magique est remplacée par l’imaginaire créatif et le travail manuel. À partir de vêtements oubliés, usés ou délaissés, les participants expérimentent différentes techniques pour se les réapproprier et leur donner une nouvelle vie.

Ce projet s’inscrit dans la continuité de ma pratique artistique et de mon travail de designer : explorer le vêtement à la fois comme matière et comme symbole social, tout en partageant une approche accessible et créative de l’upcycling.

Une rencontre avec les enfants et les jeunes du quartier des Blanchettes

Le projet s’est déroulé pendant plusieurs semaines au Point Enfance Local du quartier des Blanchettes, à Mâcon. Pendant cette période, mon atelier a été temporairement déplacé dans leurs locaux. L’idée était simple : créer un espace de rencontre et de dialogue autour du vêtement et de la création.

Au début de cette histoire, il y a l’arrivée d’un étranger dans un lieu de vie. Un artiste qui doit apprendre à se faire connaître, tout en découvrant les personnes qui l’accueillent. Les enfants, les jeunes et les animateurs pouvaient venir observer le travail, poser des questions, discuter du processus créatif.

Au centre de cette rencontre, il y avait aussi un grand tas de vêtements : des pièces oubliées, mises au rebus. Ces vêtements sont devenus le fil conducteur du projet.

Une question simple a alors été posée aux enfants : que peut-on faire avec ces vêtements ? Comment leur donner une nouvelle vie ?

Découvrir une approche artistique du vêtement et de la création

Le travail a commencé par une
discussion avec les enfants autour de quelques mots : vêtement, art, styliste, artiste. Chacun et chacune était invité à partager ce que ces mots évoquaient pour elle ou lui, ouvrant un échange sur notre manière de regarder les vêtements, les images et les personnes qui les créent.

Un premier atelier proposait ensuite un exercice de dessin. Chaque enfant choisissait une pose et s’allongeait sur une grande feuille de papier pendant qu’un.e autre traçait le contour de son corps. Les silhouettes étaient ensuite découpées pour devenir des sortes de vêtements plats en papier que les participants pouvaient essayer.

Assemblées ensemble, ces formes composaient une fresque collective, comme un défilé de mode en deux dimensions, explorant la relation entre corps, vêtement et image.

Jouer avec les vêtements pour en imaginer de nouveaux usages

Un autre atelier prenait la forme
d’une séance d’essayage créatif. Les enfants expérimentaient différentes manières de porter les vêtements du tas : normalement, de manière décalée ou parfois absurde. On pouvait porter un vêtement à plusieurs, le détourner, inventer des silhouettes inattendues.

Ces jeux autour du vêtement permettaient d’ouvrir l’imagination et de questionner les normes qui déterminent comment un vêtement doit être porté. Ce travail ludique introduisait également une réflexion sur les vêtements de seconde main et sur les possibilités créatives qu’ils offrent.

Apprendre à transformer les vêtements : initiation à l’upcycling

Les ateliers se poursuivaient ensuite par une phase de création plus concrète. Les enfants ont appris à prendre leurs mesures, à créer un patron simple de T-shirt, puis à découper des pièces dans des vêtements de seconde main pour le fabriquer.

L’objectif était de remplir la surface papier du patron, en découpant dans les différents vêtements du tas. Les enfants créaient dans leurs choix de découpage des assemblages inattendus de patchworks et motifs.

Enfin, un dernier atelier permettait de découvrir certaines techniques de transformation textile, comme le tie and dye.

Ce processus permettait de découvrir concrètement les principes de l’upcycling : transformer plutôt que jeter, et révéler le potentiel créatif de matières déjà existantes.

À travers Magikadou, ces ateliers participatifs étaient autant de prétextes pour créer, expérimenter et discuter du rôle des vêtements dans notre vie quotidienne. En manipulant les tissus, en transformant les formes ou en inventant de nouvelles manières de les porter, les participants pouvaient toucher du doigt — au sens propre comme au figuré — les normes qui entourent le vêtement.

Cette résidence artistique a également permis de partager une approche concrète de l’upcycling textile, montrant que les vêtements existants peuvent devenir une matière première créative.

Ces ateliers participatifs nourrissent aujourd’hui encore ma pratique de designer et la vision de ma marque : transformer plutôt que jeter, et faire du vêtement un espace d’imagination, de partage pour créer de nouvelles histoires.

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