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Lancement de la marque Vincent Esclade au 3537, aujourd’hui Dover Street Market Paris

En décembre 2023, j’ai présenté le premier chapitre de la marque Vincent Esclade lors d’un événement organisé au 3537, aujourd’hui Dover Street Market Paris. Cette soirée marquait à la fois le lancement officiel du projet et l’ouverture du site internet de la marque.

Cet événement constituait un premier chapitre dans une démarche construite progressivement, par expérimentations et itérations. Au cœur de ce travail se trouve une tension entre deux dimensions : le plaisir de créer des vêtements et la nécessité de repenser leur production dans un contexte de surabondance textile.

Les premières pièces présentées lors de cet événement étaient les t-shirts et sweatshirts “vêtements liés”, réalisés à partir de vêtements de seconde main sélectionnés. Conçus comme des pièces uniques surcyclées, ces vêtements sont pensés comme des duos, à porter à deux ou comme les morceaux d’un puzzle dont on ne croise pas toujours l’autre moitié.

Les vêtements liés : un premier chapitre autour de la notion de lien

Ce premier chapitre de la marque explore l’idée du vêtement comme symbole de relation. Habituellement, les vêtements sont associés à l’expression d’un style personnel, d’une identité ou d’une appartenance sociale.

Avec "les vêtements liés", l’enjeu était de déplacer cette perspective : imaginer un vêtement qui ne représenterait plus seulement l’individu, mais aussi la relation entre deux personnes.

Chaque pièce est conçue comme un duo, un ensemble à partager ou à échanger. Les vêtements deviennent ainsi le support d’une expérience collective, rappelant que la mode peut aussi être un espace de rencontre. Retrouver plus d'informations sur "les vêtements liés".


Présenter les projets artistiques à l’origine de lamarque

L’événement permettait également de présenter plusieurs projets artistiques qui constituent la genèse de la marque. Ces différentes recherches interrogent le vêtement comme image sociale, comme objet symbolique ou comme surface de projection de nos identités.

Installation artistique sur le lien entre stéréotypes sociaux et vêtement

L’installation Identités préfabriquées, initialement présentée lors de l’exposition collective "Sommes-nous tous des fétichistes ?" en 2015, proposait d’imaginer un distributeur dystopique d’identités sociales. Chaque archétype y était associé à un ensemble de vêtements, d’accessoires et à un mode d’emploi comportemental.

Ce projet questionne les stéréotypes de genre et les rôlessociaux que nous endossons parfois malgré nous. Dans sa nouvelle version, des amis ont été invités à réinterpréter ces archétypes, oscillant entre humour, exagération et distance critique.

Love me Tinder : vêtements-images et poses des réseaux sociaux

Le projet Love me Tinder, développé avec l'artiste Rosanna Lefeuvre, explore quant à lui la mise en scène de l’intimité sur les réseaux sociaux.

Les silhouettes sont construites à partir de poses récurrentes observées sur les plateformes numériques : selfies dans le lit, photos de couple ou images du corps face au miroir. Ces silhouettes sont fabriquées à partir de vêtements disposés au sol dans la forme de la pose, puis agrandies pour permettre au corps de s’y insérer.

Pensées comme des images portables, ces pièces oscillent entre vêtement et objet. Lorsque le corps entre dans la silhouette, il vient rompre sa platitude et redonner vie à l’image.

Magikadou et les expérimentations collectives autour de l’upcycling

L’installation présentée comprenait également un rideau réalisé à partir des chutes de vêtements découpés lors du projet Magikadou, une résidence artistique menée à Mâcon dans le cadre du programme Transat de Les Ateliers Médicis.

Ce projet participatif invitait des enfants à transformer des vêtements oubliés grâce à différentes techniques d’upcycling. Le rideau exposé est brodé à partir des restes de ces vêtements, gardant la trace matérielle de ce processus collectif.

Vers un second chapitre : le projet « Tapes la pose »

L’événement annonçait enfin la suite du projet avec un deuxième chapitre intitulé Tapes la pose. Cette nouvelle étape prolonge les recherches initiées dans Love me Tinder, en rapprochant davantage les silhouettes du vêtement porté.

La pièce présentée, inspirée de la pose #mirrorselfie, détourne l’image du corps masculin exhibé sur les réseaux sociaux. Réalisée à partir de chemises de nuit d'antan, la silhouette joue sur les contrastes entre masculinité, sensualité et codes vestimentaires.

Ce second chapitre poursuit ainsi la même ambition : relier savoir-faire du vêtement, réflexion artistique et regard critique sur les images qui façonnent nos rapports sociaux.

Un événement entre mode, art contemporain et upcycling àParis

Le lancement de la marque au Dover Street Market Paris était pensé comme un moment de rencontre entre plusieurs dimensions de mon travail : la création de vêtements upcyclés, la recherche artistique autour de l’image sociale du vêtement et la présentation des projets qui ont progressivement construit cette démarche.

Plutôt qu’une simple présentation de collection, cet événement proposait une traversée de différentes recherches menées depuis plusieurs années : installations, vêtements-objets, expérimentations participatives et premières pièces de prêt-à-porter issues de vêtements de seconde main.

Cette approche reflète l’ambition du projet Vincent Esclade : développer une pratique du vêtement à la fois créative, artisanale et critique, où la mode dialogue avec l’art contemporain et les questions sociales qui traversent notre rapport au vêtement.

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